Fragments du Phoenix

Ces pages sont des fragments d’un livre en cours d’écriture…
Pas un blog. Pas un manifeste. Une pensée qui se construit à voix haute.


Avant-propos

« Connais-toi toi-même. »
Cette phrase, gravée sur le fronton du temple de Delphes, traverse les siècles sans prendre une ride. Socrate en fit la boussole de toute philosophie. Lao Tseu l’exprima autrement, avec cette sobrieté qui lui est propre : « Connaître les autres, c’est sagesse. Se connaître soi-même, c’est sagesse supérieure. »

Je n’avais pas lu Lao Tseu lorsque, enfant déjà, j’avais fait de cette idée ma philosophie de vie. Alors, lorsque je l’ai découvert, j’ai eu l’étrange sensation de reconnaître une pensée qui m’habitait depuis toujours. Certaines vérités ne s’apprennent pas – elles se reconnaissent.

Se connaître, ce n’est pas un luxe d’intellectuel. Ce n’est pas une quête mystique réservée à ceux qui ont du temps. C’est une question de survie. Peut-être que seuls ceux qui auront connu la chute comprendront vraiment ces mots, mais je suis convaincue de ce que j’avance. Combien de personnes s’épuisent dans une vie qui ne leur correspond pas, qui s’égarent dans des carrières choisies par défaut, des relations minées par l’incompréhension, des crises qui auraient pu s’éviter ? Combien de dépressions ne sont, en réalité, que le signal d’alarme d’un être en profond décalage avec lui-même ?

Ce livre est né de cette conviction : les outils existent. Ils ont des millénaires d’histoire derrière eux. La numérologie, l’astrologie occidentale, le BaZi (astrologie chinoise ancestrale d’une richesse vertigineuse). On les a longtemps relégués au rang de superstitions, de boules de cristal pour âmes crédules. C’est une erreur profonde et, je le crois sincèrement, une erreur collective que nous payons cher. Ce sont des langages. Des cartographies de l’être humain, des systèmes d’observation transmis et affinés à travers les siècles. Pris séparément, ils éclairent. Mis en convergence, ils révèlent.

Imaginez un instant que l’on enseigne cela à l’école. Qu’un conseiller d’orientation connaisse le fonctionnement profond de l’élève qu’il guide. Qu’un juge, un enquêteur, un profileur disposent d’outils pour affiner la lecture d’un comportement, d’un passage à l’acte, d’un profil criminel. Qu’un médecin, un psychologue, un enseignant puissent comprendre autrement ceux qu’ils soignent, accompagnent, éduquent. Le potentiel est vertigineux… et pourtant, ces savoirs restent dans l’ombre.

Ce manuel ne vous prédira pas l’avenir mais il anticipera avec vous. Car il ne lit pas l’avenir, il lit les cycles. Comme un météorologue ne crée pas la tempête mais sait la voir venir, en faisant converger les cycles numériques et les grandes décennies du BaZi, il devient possible d’identifier les saisons de votre vie. Ce n’est pas de la voyance. C’est de la lecture de cycles. La différence est immense.

Il vous tendra un miroir pour que vous puissiez enfin vous voir tel que vous êtes. Et à partir de là, choisir. « Ma liberté s’arrête où commence celle des autres »… La vôtre commence là où vous vous connaissez assez pour ne plus vous trahir.

Pendant des années, une phrase était affichée au mur de ma salle de classe : « Donne un poisson à un homme, il mangera un jour. Apprends-lui à pêcher, il mangera toute sa vie. » C’est exactement là où je veux vous emmener.

Je sais de quoi je parle. Je n’ai pas pu faire les études que je voulais. J’ai embrasssé des carrières qui ne me ressemblaient pas. J’ai connu le doute, le sentiment d’illégitimité, les dépressions qui surgissent lorsqu’on s’éloigne trop longtemps de soi-même. Mes chutes, mes erreurs, mes errances ne m’appartiennent plus seulement – elles sont là, dans ces pages, devenues méthode, outil, transmission. Si j’ai traversé tout cela, c’est aussi pour que vous n’ayez pas à le traverser seul.


Ma route

J’avais six ans lorsque tout a commencé.

Dans la bibliothèque de ma mère, un petit livre noir m’attendait. Un livre d’astrologie chinoise, faisant partie d’une collection. Sur la couverture, parmi d’autres dates, il était écrit “1987” et “Chat”. La messe était dite. Cette nuit-là, cachée sous mes draps avec une lampe de poche, j’ai lu ce premier livre qui parlait de moi. Nuit après nuit, je retournais en silence dans cette bibliothèque pour en voler un nouveau – les douze signes, l’un après l’autre. Puis est venue la numérologie. J’ai lu que chaque lettre de l’alphabet correspondait à un chiffre, que nos noms, nos prénoms, nos dates de naissance composaient une partition unique. Et là, quelle colère ! J’ai rejeté avec dégoût ce que l’œuvre imposait comme certitude.

“On est qui on veut être, ce ne sont pas des chiffres qui peuvent définir notre personnalité !” avait hurlé la pauvre gamine naïve que j’étais…

Saint Thomas ne croyait que ce qu’il voyait, moi aussi ! Mais mon cerveau, même en rejet total, avait capté. La graine était semée.

Les gens que je rencontrais portaient toujours la marque de leurs chiffres. Un meilleur ami qui décède – pourquoi ? Quel sens ? Quel mécanisme ? Du harcèlement – pourquoi moi, quelle année, quel impact ? Et le temps passe. Et ainsi, tout devient vrai.

J’ai vécu une trentaine d’année sous les énergies du 3, chiffre de la communication, de la joie, des amitiés, de la sociabilité, aussi de l’immaturité. Des années de sociabilité, d’amitié, d’entourage…

Puis la vie m’a fait mal.

J’ai eu l’impression de vivre une mort lente, une perte totale de celle que j’étais. Mon sourire s’est éteint. Mes amis ont disparu. Confrontée à des manipulations et de la méchanceté gratuite pour lesquelles je n’e suis’était pas armée. Une certaine noirceur m’a encombrée, je cherchais désespérément la lumière. Derrière les sourires que je maintenais encore par habitude, j’étais à terre. Je supprimais alors tous mes contacts sur les réseaux sociaux, je me nourrissais de solitude, de distance, et de pensées peu agréables. “Pourquoi vivre ?” Par culpabilité de partir en laissant seuls deux petits êtres que j’aimais plus que tout au monde et qui n’avaient rien demandé ! Mais cette douleur intérieure, comment la gérer ?

Puisque je devais rester en vie pour mes enfants, puisque je devais avancer avec tant de douleurs, il me fallait trouver une parade. Une solution pour survivre. Une échappatoire.

Mon salut allait arriver par là où tout avait commencé…

Je ressors donc mes bouquins poussiéreux. J’en achète de nouveaux. Je découvre de nouvelles disciplines, je trouve des liens, j’analyse, je fais des rapprochements, je prends des cours. Ma vie devient un puits vide à remplir impérativement – et voilà qu’il se remplit d’un savoir qui n’intéresse pas le plus grand nombre, mais qui me passionne, moi.

Et puis vient la révélation, une évidence qui s’impose…

9-7. Voilà la combinaison dans laquelle j’étais entrée. Moi qui avais vécu en 3-3, je venais d’entrer pour une décennie dans la combinaison la plus lourde qui soit – celle qui, mise ensemble, déclare : dépression, solitude, introspection, études, connaissances, humain, universel, ermite, occulte, enseignement. Le passage avait été brutal parce que ce n’était pas un choix. Ce sont des événements qui, parce que je devais passer de l’un à l’autre, m’ont forcée à l’incarner. La femme que j’étais n’est clairement plus là.

Mais savoir que c’était écrit, attendu – ça a été une libération.

Ça devait avoir lieu. J’aurais aimé, c’est sûr, que la transition soit plus douce, moins douloureuse, moins sombre. Mais c’était ainsi. La météo de ma vie avait diammétralement changé. Mon insouciance sous le soleil était devenue un ciel pluvieux. Mais après avoir été prise au dépourvu, j’ai acheté un grand parapluie, j’ai enfilé les chaussures adaptées à la météo, et j’ai accepté d’embrasser cette nouvelle destinée.

Bouddha disait : “Croyez ce que vous avez expérimenté et qui vous semble raisonnable.” C’est exactement ce que j’ai fait.

Je ne suis pas une illuminée qui débarque en dictant ses vérités. J’ai une vie d’apprentissage, de chutes, de résurrections, d’analyses et d’expérimentations derrière moi. Et si j’ose aujourd’hui venir avec cette méthode, c’est parce que je sais que ce que j’ai à offrir est concret, valide, et on ne peut plus valable.

La vie m’a aussi offert quelque chose d’autre – une certitude qui venait de l’extérieur, qui ne pouvait pas être suspecte parce que je ne l’avais pas provoquée. Sans tricher, sans chercher la validation, il m’a été clairement indiqué que c’était ma route, ma voie, ma destinée. J’avais besoin de cette reconnaissance. C’était une permission d’embrasser ma légitimité – et, disons-le franchement, de dire “merde” à ceux qui n’approuvaient pas.

Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera toute sa vie à croire qu’il est stupide.

Pour moi, c’est ainsi. Je suis un oiseau dans le ciel, que l’on ne me demande pas d’être un dauphin ou un lion. Chacun sa place. Et que chacun accepte et respecte cela.


La suite arrive. Ces fragments grandissent avec le temps…